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1795

La déportation des martyrs de la Révolution


La Révolution française marque fâcheusement l’histoire de la Guyane. Pour la première fois, le spectre du bagne fait son apparition à Sinnamary. La France du 18 fructidor expédia sans jugement des ennemis politiques, des intellectuels, des prêtres. Seize déportés vont quitter la Rochelle à bord de la corvette la Vaillante pour la terre de l’exil. BARBE-MARBOIS, TRONSON DUCOUDRAY, le marquis BARTHELEMY et son fidèle domestique LETELLIER, LAFFONT LADEBAT, MURINAIS, le général PICHEGRU, WILLOT, DELARUE, AUBRY, D’ OSSONVILLE, RAMEL, BOURDON DE L’OISE, ROVERE, L’abbé BROTHIER, et LAVILLEHEURNOIS débarquent à Cayenne le 12 novembre 1797, après deux mois environ de navigation. Les premiers soins leur sont donnés par les sœurs de l’hospice de Cayenne. Sur ordre du citoyen JEANNET, agent du Directoire qui exerçait dans la colonie un pouvoir sans limites, ils furent transférés le 26 novembre vers Sinnamary, « un des lieux les plus malsains de la colonie » dira BARBE –MARBOIS.


BILLAUD-VARENNE et COLLOT D’HERBOIS étaient les premiers proscrits, ils sont arrivés à Cayenne avec des lettres de recommandations et ne tardent pas à devenir officieusement les conseillers privilégiés du gouverneur de la Guyane, le général COINTET, qu’ils poussent à instaurer le régime de la Terreur. L’ordonnateur CORIO dénonce vigoureusement la collusion entre les déportés et le gouverneur et obtient le 27 octobre 1795 l’exil de BILLAUD-VARENNE à Sinnamary. COLLOT-D’HERBOIS meurt à l’hospice de Cayenne peu avant l’arrivée des seize déportés.


Les maladies, les fièvres emportèrent bon nombre des déportés. MURINAIS, le plus âgé, mourut le premier le 21 décembre 1797. Plutôt mourir à Sinnamary sans reproches, que vivre coupable à Paris fut sa dernière phrase. Huit d’entre eux plus téméraires tentèrent une évasion vers le Surinam, pays voisin de la Guyane française. Ils firent voile pour l’Angleterre. AUBRY mourut à Demerary au Surinam. BARTHELEMY perdit son fidèle domestique LE TELLIER pendant la traversée. TRONSON DUCOUDRAY mourut presque en même temps que BOURDON DE L’OISE. L’abbé BROTTIER mourut deux jours après ROVERE. Il ne restait à Sinnamary que LAFFONT LADEBAT et BARBE MARBOIS.

La frégate La Décade débarqua 193 déportés le 13 juin 1798. Parmi eux des ennemis politiques et beaucoup de prêtres. Les décrets des 18 et 19 fructidor An V qui avaient ordonné la déportation contenaient beaucoup d’autres dispositions, notamment celle qui conférait au Directoire le pouvoir de déporter les prêtres qui troublaient la tranquillité publique. Ainsi, l’un est condamné pour fanatisme, un autre pour avoir exposé des reliques ou encore pour avoir professé des maximes dangereuses et même pour avoir dit la messe.

Le troisième convoi, la frégate La Charente, fut attaqué par trois frégates anglaises et l’on ne put le sauver qu’en l’échouant. On embarqua donc les prisonniers sur La Décade. Counamama fut leur lieu de résidence.

Le dernier convoi qui fut chargé sur La Bayonnaise apporta 120 prêtres nouvellement bannis, le 6 octobre 1798. La plupart de ces condamnés mourront en Guyane, terre de désolation pour des hommes arrachés à leurs familles et privés de liberté.

En juin 1799, BARBE-MARBOIS et LAFFONT LADEBAT sont autorisés à vivre à Cayenne. L’arrêté du 2 septembre 1799 leur permettra enfin de rentrer en France.