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Sinnamary
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1933

Le bagne des Annamites à Saut-Tigre

Après la révolte de la garnison de Yen Bay le 10 février 1930, 100 condamnés politiques et 400 prisonniers de droit commun indochinois sont envoyés en Guyane française sur le vapeur Lamartinière dans le but de développer une partie de la colonie, le territoire autonome de l’Inini qui venait d’être créé le 6 juin 1930.

Le décret du 22 janvier 1931 porte création de trois établissements pénitentiaires spéciaux (EPS) réservés exclusivement aux individus d’origine indochinoise condamnés par les juridictions d’Indochine.

Les EPS sont répartis sur le territoire de l’Inini : celui de la crique Anguille sur la rivière de Tonnégrande est ouvert à la population pénale le 19 septembre 1931 ; celui de la Forestière sur le Maroni ; celui de Saut-Tigre sur le fleuve Sinnamary accueille 200 prisonniers indochinois en 1933, en provenance de la crique Anguille.

Les condamnés sont donc employés sur les chantiers administratifs de l’Inini pour l’exécution des travaux publics ou dans les exploitations agricoles pénitentiaires. Ils travaillent tous les jours, sauf le dimanche, de 5 h 30 à 11 heures et de 14 heures à 17 heures. Pour désenclaver le camp, situé à six heures de canot du bourg de Sinnamary, les condamnés doivent construire des pistes : une vers Saut-Vata, une vers Kerenroch et même un pont métallique sur le Sinnamary.

Les prisonniers sont parfois utilisés pour le nettoyage des rues de Sinnamary et la réfection de la voie ferrée de Saint-Elie, sous la surveillance de tirailleurs Sénégalais. Le camp est ravitaillé par deux vapeurs de la maison Tanon, Le Mana et L’Oyapock, qui effectuent deux fois par mois le voyage jusqu’à Sinnamary. A partir de 1936, des concessions agricoles sont octroyées aux prisonniers. En 1937, on les autorise à se rendre dans les localités guyanaises pour de brefs séjours. Cinq jours sont accordés aux prisonniers de Saut-Tigre se rendant à Sinnamary.

Le camp de Saut-Tigre ferme définitivement ses portes en juillet 1945. Les derniers vestiges encore visibles aujourd’hui seront complètement engloutis en 1994 par le barrage de Petit-Saut.